SPORTIVA

Le sport au féminin

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    • 2016-09-16 00:00:00
    • VENDÉE GLOBE : OÙ SONT LES FEMMES ?
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    • VOILE. La 8e édition du Vendée Globe partira des Sables-d’Olonne le 6 novembre prochain. La présentation officielle de cette course sans équivalent, a eu lieu mercredi 14 septembre au palais Brongniart à Paris. Le succès de l’épreuve est tel que 29 bateaux prendront le départ, les skippers représentant 10 nationalités et 4 continents. Aucune femme pourtant au départ d’une course qui a consacré, en leurs temps, Catherine Chabaud, Ellen MacArthur ou encore Samantha Davies… Explications avec Samantha Davies. (Article de 4 500 signes). Le Vendée Globe et les femmes, c’est une histoire intense mais qui n’a pas démarré immédiatement : il a fallu attendre que les deux premières éditions aient lieu sans aucune participante (1989-1990 et 1992-1993), pour que les premières femmes s’aventurent sur la course dont les caractéristiques sont non négociables : effectuer le tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance pour un parcours de 28 000 miles, identique édition après édition : partir des Sables-d'Olonne et y revenir, en effectuant le tour de la planète d'Ouest en Est, en passant les trois grands caps (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn). Sur un total de 85 skippers ayant tenté l’affaire l’on ne relève que 7 femmes… 7 femmes dans l’histoire Après les deux premières éditions remportées par Titouan Lamazou pour celle de 1989-1990 et par Alain Gautier pour celle de 1992-1993, elles sont enfin deux à s’engager dans ce défi en 1996 : Catherine Chabaud et Isabelle Autissier. La première termine 6e, sur 6 bateaux à l’arrivée, tandis que la seconde fait partie, à cause d’un safran cassé, de la liste des 9 abandons de l’édition. Dès lors chaque édition verra la présence d’une ou deux femmes. La particularité de ces participations est qu’elle se répartissent entre les Françaises et les Anglaises, uniquement. Lors de la 4e édition (2000-2001), Catherine Chabaud sera à nouveau de la partie mais elle devra abandonner la course suite à un démâtage, laissant la vedette à une révélation de 24 ans, la Britannique Ellen MacArthur qui termine 2e derrière Michel Desjoyeaux. Sur la convocation suivante, pour la course 2004-2005, l’on retourne à une double présence féminine mais exclusivement française avec Anne Liardet et Karen Leibovici qui réalisent la performance de boucler toutes les deux le tour du monde se classant 11e pour Anne Liardet et 13e pour Karen Leibovici. L’édition 2008-2009 voit la participation, dans un mouvement de balancier inédit entre les deux pays, de deux Anglaises, Samantha Davies et Dee Caffari, alors qu’aucune Française ne s’aligne. Davies se classera 4e. Un résultat qu’elle ne pourra renouveler lors de la course suivante (2012-2013), qu’elle quittera prématurément pour cause de démâtage à l’Ouest de Madère. Dee Caffari terminera, elle, 6e. 2016-2017 : l’édition non mixte Dans le Palais Brongniart, qui abritait il y a encore peu les activités boursières nationales, la présentation du Vendée Globe à venir (départ le 6 novembre), a montré, mercredi 14 septembre, la belle santé d’une course qui fascine et crée l’engouement même si sa survie a été en jeu il y a une dizaine d’années. Depuis le monument de la course extrême a été repris en main par les financeurs publics (département, région, municipalité des Sable-d'Olonne) et privé (Sodebo). La course est tellement ancré dans le paysage qu’elle réalise pour cette édition son record de diversité avec 10 nationalités différentes représentées, réparties sur 4 continents. Dans cette diversité un manque criant cependant : aucune participante. Un constat qui ne correspond assurément pas à la vitalité de la voile féminine comme l’a prouvé l’an dernier la participation remarquée d’un équipage 100% féminin à la Volvo Ocean Race : le Team SCA, dont la skipper était Samantha Davis, s’était notamment illustrée en remportant l’une des étapes de cette course autour du monde, en équipage et avec escale. Timing et budget Derrière le constat sec, les explications ne manquent pourtant pas et sont, si l’on écoute Samantha Davies que Sportiva a sollicité sur le sujet, logiques : « Il y a plusieurs éléments qui expliquent cette absence de navigatrice. J’aurais personnellement participé à ce Vendée Globe, mais quand j’ai signé mon contrat avec SCA (le sponsor du bateau 100% féminin sur la la Volvo Ocean Race), je savais que le timing de cette course (qui s’est terminé en juin 2015 à Göteborg, Ndlr) ne me permettrait pas de m’engager dans le projet Vendée Globe : c’est un projet lourd, long à mettre en place. C’était un choix. Et c’est la même chose pour d’autres navigatrices qui étaient avec moi sur le bateau Team SCA: Dee Caffari, Justine Mettraux ou encore Liz Wardley. Elles auraient assurément lancé leur projet pour participer. « L’autre aspect clé, celui du sponsoring, d’une manière paradoxale, vue la situation actuellement, ne me paraît pas un souci, sur une course comme le Vendée Globe où les retombées sont réelles. Lorsque je participe en 2008-2009, mon sponsor, Savéol, avait rentabilisé son investissement avant même le départ de la course. Le sponsoring n’est en soi pas le problème principal, donc. Sur cette édition, il y a un effet de calendrier qui a influé. Mais la prochaine édition du Vendée Globe, en 2020, présentera un plateau beaucoup plus mixte, j’en suis sûre : ce que nous avons fait avec Team SCA a eu beaucoup de répercussions chez de jeunes navigatrices. Nous avons également monté notre structure le ‘Magenta Project’ qui forme, conseille, aide des femmes à s’engager dans la course au large. » L’espagnole Anna Corbella, candidate malheureuse pour participer au Vendée Globe 2016-2017, n’est pas non plus sur une ligne pessimiste. Sa non-participation n’est pas vécue comme une injustice ou un problème par la navigatrice que Sportiva a également joint : « Je n’ai pas obtenu un sponsoring suffisant pour préparer avec un minimum de garanties ce Vendée Globe. J’ai donc décidé de reporter ma participation à la course 2020. Il est dommage et triste que cette fois aucune femme ne participe. Ce n’est cependant la faute de personne. Je pense que cela reflète simplement la proportion de femmes et d’hommes qui pratique ce sport à ce niveau. Mon projet maintenant est de préparer d’ores et déjà l’édition 2020.Je vais donc naviguer en solitaire le plus possible. je vais commencer pour cela par participer à la mini transat 2017. » Le Vendée Globe 2020 verrait donc un tout autre plateau. Rendez-vous est pris. En attendant Samantha Davies sera quand même un peu dans la course puisque son mari, Romain Attanasio, fait partie des 29 concurrents. Elle a fait sa course l’an dernier, il fait la sienne cette année : seront-ils bord à bord en 2020 ? J.C. Note : Les vainqueurs et les participantes de chacun des 7 Vendée Globe : -1re édition (1989-1990) : 13 bateaux au départ, 6 abandons. Aucune femme. Vainqueur : Tatouant Lamazou -2e édition (1992-1993) : 15 bateaux au départ, 8 abandons. Aucune femme. Vainqueur : Alain Gautier -3e édition (1996)1997): 15 bateaux au départ, 9 abandons. 2 participantes : Catherine Chabaud (6e) et Isabelle Autissier (abandon: safran cassé). Vainqueur : Christophe Auguin -4e édition (2000-2001) : 24 bateaux au départ, 9 abandons. 2 participantes : Ellen MacArthur (2e) et Catherine Chabaud (abandon: démâtage). Vainqueur : Michel Desjoyeaux -5e édition (2004-2005) : 20 bateaux au départ, 7 abandons. 2 participantes : Anne Liardet (11e) et Karen Leibovici (13e). Vainqueur: Vincent Riou -6e édition (2008-2009) : 30 bateaux, 19 abandons. 2 participantes : Samantha Davies (4e) et Dee Caffari (6e). Vainqueur : Michel Desjoyeaux -7e édition (2012-2013): 20 bateaux au départ, 9 abandons. 1 participante : Samantha Davies (abandon: démâtage). Y.P.

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VENDÉE GLOBE : OÙ SONT LES FEMMES ?

Texte : Yaneth Pinilla B. Photo : Vendée Globe

VOILE. La 8e édition du Vendée Globe partira des Sables-d’Olonne le 6 novembre prochain. La présentation officielle de cette course sans équivalent, a eu lieu mercredi 14 septembre au palais Brongniart à Paris. Le succès de l’épreuve est tel que 29 bateaux prendront le départ, les skippers représentant 10 nationalités et 4 continents. Aucune femme pourtant au départ d’une course qui a consacré, en leurs temps, Catherine Chabaud, Ellen MacArthur ou encore Samantha Davies… Explications avec Samantha Davies. (Article de 4 500 signes).

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