SPORTIVA

Le sport au féminin

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    • 2016-04-13 00:00:00
    • « FREE TO RUN » PRÉSENTÉ PAR PIERRE MORATH, SON RÉALISATEUR
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    • RUNNING. « Free to run - liberté, égalité, course à pieds », le film documentaire de Pierre Morath, sort ce mercredi 13 avril en salles. Il fait (re)vivre une conquête et une épopée vers la liberté de courir dont des millions d’adeptes de la course à pied à travers le monde disposent aujourd’hui. Sportiva qui a proposé un compte-rendu du film en avant-première, en publie maintenant la présentation par le réalisateur. (Article de 4 700 signes). Pierre Morath dans le texte: Ceux qui ont changé l’histoire « Il y a une véritable rupture à la fin des années 60 ; Le sport en général – la course à pied en particulier – devient un miroir sociétal. On passe d’une histoire positiviste racontée du point de vue des vainqueurs, à une histoire des structures, des mentalités. J’ai voulu travailler sur l’émergence d’une course populaire et faire un film sur les nouveaux héros de la révolution running. Ce ne sont pas de grands coureurs, à part peut-être Steve Prefontaine, mais des gens qui ont changé l’histoire. Fred Lebow, Noël Tamini ou Kathrine Switzer et Steve Prefontaine ont révolutionné ce sport, la manière de le voir, de le pratiquer et d’être vu quand on le pratique ; la plupart du temps, les coureurs d’aujourd’hui n’ont aucune idée des combats qu’il a fallu mener pour accéder à cette liberté de courir. Je voudrais que chacun se reconnaissent dans ces personnages. Tout a commencé dans le Bronx « Le titre du film a longtemps été Sur la route, clin d’œil au livre de Kerouac, mais également reflet de ce combat pour la course sur route. J’ai ancré le film dans cette réalité urbaine parce que la notion de barrière et de frontière avec le stade me paraît très importante. Échapper à la piste veut aussi dire échapper aux con trôles et aux champs de vision des fédérations ; Sortir du stade c’est rechercher la liberté, aller à la découverte du monde, au-delà des huit couloirs de l’anneau de la piste. La course urbaine et la course dans la nature symbolisent tout ça. Pendant longtemps, la réalité de la course hors stade a été la route. Les pionniers de New York couraient d’abord dans le Bronx puis à Central Park. Le désir de la course populaire nait aussi du changement structurel de la société professionnelle. Il est lié à la sédentarisation. Le primaire et le secondaire perdent du poids par rapport au tertiaire. De plus en plus de gens travaillent assis dans des bureaux. Ce mouvement vient des villes, des milieux urbains. Le diktat des fédérations « Le grand succès du marathon urbain est né à New York grâce à Fred Lebow. Steve Prefontaine est le premier élément clé, le premier étage de la fusée de l’histoire de l’autonomisation financière des athlètes, de leur capacité à échapper aux diktats des fédérations. La revue Spiridon tient un rôle considérable en Europe dans la transmission des sensations, du plaisir, de la libération corporelle générée par la course à pied. Cette parution a été déterminante dans l’évolution des mentalités. Et Kathrine Switzer a été l’élément déclencheur de l’explosion de la proportion des femmes dans les pelotons. Quand on pense qu’il y a 40 ans, elles n’avaient pas le droit de courir plus de 1 500 mètres… Switzer, l’icône « Jusqu’à la fin des années 60 les femmes n’ont pas le droit de courir plus de 800 mètres. À partir de 1972, le 1 500 mètres féminin s’ajoute au programme olympique. Mais les hommes courent 5 000, 10 000 mètres et le marathon depuis le début des Jeux Olympiques en 1896 ! Les choses évoluent à la fin des années 1970 et au début des années 80 grâce au lobbying de Kathrine Switzer et du circuit Avon. Sans elle, on aurait peut-être attendu 20 ans de plus pour avoir un marathon féminin aux J.O. ! La médecine du sport n’en était qu’à ses balbutiements. Il n’y avait aucune recherche, seulement des idées préconçues. Quand le sport est devenu un business dans les années 80, on s’est rendu compte que les femmes avaient un métabolisme d’oxydation des graisses beaucoup plus performantes que celui des hommes. Elles sont donc plus endurantes que les hommes ; Pendant des années, on avait pensé l’inverse ! business is business « Le film est la métaphore d’un mouvement libertaire rattrapé par le libéralisme. Toutes les révolutions naissent à partir de pionniers courageux pour lutter contre les conservatismes, les positons et les points de vue établis. Quand la révolution s’impose ou commence à avoir du succès, les combattants enu profit de ceux qui récupèrent le succès pour l’utiliser et en faire un business. C’est pour cela que les États-Unis jouent un rôle central dans le film. Les Américains incarnent mieux que quiconque l’ultralibéralisme décomplexé qui consiste à exoloiter commercialement des choses belles et pures. Cela fait partie de leur ADN. La récupération de l’évolution du running est éloquente dans une course comme le marathon de New York : les Américains ont tout inventé, de la Pasta Party à l’expo, tout le dispositif rapporte de l‘argent. Retranscrit par la rédaction de Sportiva Le film Free to Run est en salle à partir du mercredi 13 avril.

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« FREE TO RUN » PRÉSENTÉ PAR PIERRE MORATH, SON RÉALISATEUR

Retranscrit par la rédaction de Sportiva

RUNNING. « Free to run - liberté, égalité, course à pieds », le film documentaire de Pierre Morath, sort ce mercredi 13 avril en salles. Il fait (re)vivre une conquête et une épopée vers la liberté de courir dont des millions d’adeptes de la course à pied à travers le monde disposent aujourd’hui. Sportiva qui a proposé un compte-rendu du film en avant-première, en publie maintenant la présentation par le réalisateur. (Article de 4 700 signes).

Pierre Morath dans le texte:

Ceux qui ont changé l’histoire

« Il y a une véritable rupture à la fin des années 60 ; Le sport en général – la course à pied en particulier – devient un miroir sociétal. On passe d’une histoire positiviste racontée du point de vue des vainqueurs, à une histoire des structures, des mentalités. J’ai (...)

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