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Le sport au féminin

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    • 2016-03-25 00:00:00
    • FARIDA EL HADRATI, LA BOXEUSE COURAGE
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    • BOXE ANGLAISE. Farida El Hadrati se lance à la conquête de la ceinture mondiale WBA des supers-légères. Formée, préparée au sein de son club, l’Association Sportive Montferrandaise, elle défie devant son public le 1er avril l’Argentine Ana Laura Esteche (voir notre publication du 23 mars). El Hadrati, ambitieuse, déterminée et lucide a répondu aux questions de Sportiva. Rencontre avec une Sportive à la trajectoire riche et à la volonté indéfectible. (Article de 4 500 signes) Le monde de la boxe est ainsi fait : on n’y rencontre pas des personnages tièdes ou sans saveur. Farida El Hadrati ne fait pas exception : parler avec elle c’est prendre une série de vérités et quelques jugements frappés au coin du bon sens. Tant mieux, c’est vivifiant. Ce combat qui s’annonce, c’est pour elle un peu tout à la fois : un graal et d’une certaine manière une consécration. Chez elle, la soirée peut prendre un tour historique. Farida El Hadrati, le sait. Elle se dit prête pour ce rendez-vous qu’elle a préparé à grands coups de volonté… La trajectoire « Cela fait dix-sept ans que je suis dans le milieu de la boxe. J’ai commencé par la savate. J’y ai obtenu des titres et notamment le titre mondial en 2005. Au-delà il n’y avait rien à viser alors j’ai décidé de passer à la boxe anglaise en 2006. En amateur je conquiers des championnats nationaux mais aussi la ceinture de championne de l’Union européenne en 2008. J’effectue alors une grosse coupure et j’ai deux enfants, âgés aujourd’hui de 6 et 4 ans. Quand je reviens, je décide de passer pro car c’était plus adapté avec ma nouvelle vie de famille. En amateur il y a beaucoup de stages avec l’équipe de France, souvent à l’étranger et viser les JO comporte une grosse part d’aléatoire en plus d’un problème de poids puisqu’il n’y a que 3 catégories. J’ai fait le choix pro, mais c’est une expression que je n’aime pas particulièrement car elle est trompeuse sur la réalité de ce que l’on peut gagner. Je pense avoir fait le bon choix car j’ai eu des succès. Mon titre de championne d’Europe face à la Belge Sabrina Guiliani, que je défends avec succès l’an dernier face à une autre Belge, Dalia Vasarhelyi. Et maintenant cette ceinture mondiale que je peux remporter chez moi... La préparation « Depuis janvier je m’entraîne matin et soir dans la salle de l’ASM. J’ai eu un programme dense et varié. On a travaillé une stratégie par rapport à l’adversaire. On sait qu’elle est complète. C’est une cliente. Son défaut c’est de se jeter un peu. Elle avance et recule beaucoup aussi. L’idée c’est d’utiliser l’un des moments pour la cueillir, avec, par exemple, mon crochet gauche. J’ai vraiment bien travaillé et préparé ce combat. Fidèle à moi-même j’ai refusé les sparring-partners que l’on m’a proposés pour mettre les gants contre des hommes. C'est vraiment deux crans au-dessus. C’est pourquoi j'exige de boxer avec des hommes et pas avec des femmes durant une préparation. Je sais comme ça que je serai prête le jour J. Je commence maintenant, une semaine avant, à être dans ma bulle et à rentrer dans ce combat et la préparation mentale que cela implique. Le contexte « Parfois c’est dur par rapport à la famille d’être dans cette préparation et ce projet. Pendant que je prépare le combat je continue bien sûr à me lever tôt à préparer et accompagner mes enfants, à m’entraîner. Je donne aussi des cours à des femmes du quartier. Je le fais après mes entraînements. Je me rends dans une autre salle dans le cadre d’une association, ‘Sport Air Santé 63’. C’est un travail bénévole. Sinon, je suis référente éducatrice, salariée de la ville de Clermont pour mettre en place des activités au sein d’écoles, de centres de loisirs ou auprès d’enfants handicapés. Du coup les journées sont longues et intenses. C’est un fonctionnement que j’assume mais j’aurais aimé plus d’aide, notamment de la part de la municipalité qui n’a rien mis à ma disposition. J’ai pourtant été convoquée par la DRH. Il n’y a 'abord pas eu d’accord sur des horaires aménagés. Puis ils ont finalement accepté. On m’a laissé une cinquantaine d’heures que je vais rendre pour moitié en travaillant et pour l’autre moitié que je prends en congé sans solde. Au bout du compte ce n’est pas une aide très importante alors qu’un gala avec une ceinture mondiale en jeu c’est valorisant pour la ville. J’ai maintenant 34 ans, je sais que je suis en fin de parcours, mais ce titre je le veux, car il concrétiserait toute une trajectoire, tous mes efforts. Puis je voudrais passer de l’autre côté des cordes… » Propos recueillis par @Jacques_Cortie Note : Ana Laura Esteche, argentine, née à Buenos Aires, 25 ans, 17 combats (11 victoires dont 2 par K.-O., 4 défaires, 2 nuls). Farida El Hadrati, née à Saint-Flour, 34 ans, 9 combats (9 victoires dont 5 par K.-0.) IMPORTANT : toute reproduction totale ou partielle de nos contenus est interdite sauf accord écrit de la rédaction.

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FARIDA EL HADRATI, LA BOXEUSE COURAGE

Texte: Jacques Cortie / Photo: Julien Bruhat

BOXE ANGLAISE. Farida El Hadrati se lance à la conquête de la ceinture mondiale WBA des supers-légères. Formée, préparée au sein de son club, l’Association Sportive Montferrandaise, elle défie devant son public le 1er avril l’Argentine Ana Laura Esteche (voir notre publication du 23 mars). El Hadrati, ambitieuse, déterminée et lucide a répondu aux questions de Sportiva. Rencontre avec une Sportive à la trajectoire riche et à la volonté indéfectible. (Article de 4 500 signes)

Le monde de la boxe est ainsi fait : on n’y rencontre pas des personnages tièdes ou sans saveur. Farida El Hadrati ne fait pas exception : parler avec elle c’est prendre une série de vérités et quelques jugements frappés au coin du bon sens. Tant mieux, c’est vivifiant. Ce combat qui s’annonce, c’est pour elle un peu (...)

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