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Le sport au féminin

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    • 2016-02-18 00:00:00
    • LE VAL D'OISE, PAS SI LOIN DE RIO
    • Athlétisme
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    • ATHLÉTISME. Seul rendez-vous d'athlétisme de France et d'Europe 100% féminin, le Meeting du Val d'Oise s'est positionné en bonne place dans l’agenda des réunions en salle. La 5e édition s’est transformée aussi en tour de chauffe pour les JO. Sans les athlètes russes, mais avec en prime, deux benjamines, la Suédoise Lisa Gunnarsson et la Française Carole Zahi, pour faire souffler le vent de la concurrence sur leurs aînées. Reportage. (Article de 7 500 signes) Alors que sur les Champs Élysées, l’Arc de triomphe s’illuminait du logo de Paris 2024, au même instant, c'est au stade couvert Stéphane Diagana d'Eaubonne, le 9 février dernier, que tombait un record : la suédoise Lisa Gunnarsson franchissait 4,47 m, devenant, à 16 ans, recordwoman du monde junior du saut à la perche. Un saut tout en souplesse qui augure de prochaines performances. Quant à la Grecque Nikoleta Kyriakopoulou, médaillée de bronze à Pékin et considérée comme l' « athlète à battre », elle remportait le concours avec un saut à 4,65m au premier essai. Un beau plateau malgré le budget À quinze jours des Championnats de France et à un mois des Championnats du monde d'athlétisme en salle de Portland (17 - 20 mars), ce 5e Meeting du Val d'Oise s’inscrivait avec Rio en ligne de mire, en réunissant un plateau de choix. Malgré pourtant un écueil de taille. L'an dernier, à la même date, trois athlètes russes montaient sur le podium d’Eaubonne : la Championne du monde du saut en hauteur Maryia Kuchina (1,91m), la perchiste Anzhelika Sidorova (4,60m), et Julia Stepanova, spécialiste du 800 m (2'03''84) et dont le nom est désormais associé au documentaire « Dopage confidentiel : comment la Russie fabrique ses vainqueurs », du journaliste Hans Joachim Seppelt. La suspension des athlètes russes « nous a un peu fait ramer », avouait un responsable de l'organisation, « lorsque nous avons appris la suspension des athlètes russes, nous nous sommes même demandés si le Meeting allait être maintenu », reconnaissait même Marie-Evelyne Christin, vice-présidente du Conseil départemental, en charge des Sports, Présidente du CDFAS, et à l'origine de la formule 100% féminine de ce Meeting : « auparavant, il était mixte. Nous avons ainsi cherché à le relancer. C'est le seul Meeting d'athlétisme 100% féminin de France et d'Europe » Quant aux 70 000 euros « tout compris » du budget, «nous avons réussi à ne pas le faire baisser, il est le même que l'an passé. » La retransmission cette année en direct par Canal + n'a pas ajouté un kopek dans l'escarcelle du Meeting dont l'entrée reste gratuite pour un public qui s’est montré plus nombreux cette année, malgré une publicité discrète sur les abribus au regard de l'an dernier. « Les spectateurs ont sans doute été sensibilisés au fait de voir des athlètes qui seront aux JO», soulignait Marie-Evelyne Christin. La date, elle, procède d’un accord malin : «Nous nous entendons avec le meeting de Mondeville, afin de minimiser les coûts de transport pour les sportives et leur staff » «Avec un tel budget, c'est extraordinaire d'avoir réuni un tel plateau», commentait Marie-José Pérec, marraine pour la deuxième année consécutive du Meeting. Éloyse Lesueur, un retour prometteur ; Carole Zahi, la bonne surprise Au saut en longueur, la « bagarre » 100% non française, mais ukrainienne et britannique a été dominé par la vice-championne du monde Shara Proctor (Grande-Bretagne et Irlande du Nord), avec un saut à 6,50 m au premier essai. Beaucoup de risques pris, mais respectivement la 2e et la 3e place sont pour la Brésilienne Jessi Alves Dos Reis (6,44 m) et la Nord-américaine Jessie Gaines (6,20 m). Chantal Malone (Îles Vierges Britanniques) se retrouvant relativement loin de son propre record (6,65) avec 6,16 m. Même scénario ou presque au saut en hauteur où les athlètes de l'Est n'ont laissé aucune place à la Championne de France 2014 et 2015 Nawal Meniker, qui a dérogé à sa meilleure performance d'un centimètre (1,84 contre 1,85 m) mais s’est trouvée devancée par cinq athlètes ex aequo à 1,87 m, l'Ukrainienne Oksana Okuneva franchissant la barre des 1,90 m pour l‘emporter. Éloyse Lesueur terminait 8e en 7’’38. Ce qui inspirait ce commentaire à Pérec : « ça va, pour une rentrée ! » « Ça fait plaisir de la part de celle qui m'a donné l'envie d'être là ce soir », ajoutait-elle. Un sprint pour « profiter de l'hiver avant de me faire plaisir l'été », analysait la Française. Oubliée la blessure de 2015, Éloyse Lesueur envisagera le saut en longueur « après les Championnats de France. » Pour l'instant, elle se consacre au sprint et à « rester entière pour l'été. » Mais elle confirme avoir repris le saut en longueur à l'entraînement. Le 60 m a été remporté par la Jamaïcaine Simone Facey (7''21), pourtant plus volontiers spécialiste du 4x100 m (Championne du monde de ce relais en 2009), et alors que l'Ukrainienne Olesya Povh était donnée favorite, elle ne termine que 4e en 7''24 derrière la Nord-américaine Tawanna Meadows en 7''23 alors que la jeune française Carole Zahi, deuxième de ce sprint en 7''21, signait par là-même la meilleure performance française de l'année, pour sa toute première rencontre à ce niveau . À 21 ans, Carole Zahi s'alignera à Metz avant les championnats de France, en continuant à s'entraîner au pôle sportif de Fontainebleau pour « améliorer la cadence de sa fin de course. » Sa performance ? « Je n'ai pas pensé au chrono : quand j'y pense, ça ne vient pas... » Des trois françaises en lice pour le 60 m haies (Alice Decaux, Antoinette Nana Djimou, Sandra Gomis) c'est Sandra Gomis qui a le mieux tiré son épingle du jeu. Au terme des quatre séries, la Française ne s'est pourtant pas contentée de se retrouver en finale, mais de monter sur la 3e marche du podium (8''04), à un centième de la Nord-américaine Bridgette Owens (8''03). La spécialiste de la discipline, la Britannique Tiffany Porter, montant logiquement sur la plus haute marche (7''98), sans forcer outre-mesure son talent de médaillée d'argent aux Championnats du monde d'Istanbul en 2012 en 7''94. Marie Gayot passe à côté Mais la véritable déception s'est située du côté de Marie Gayot : «Je reviens de stage et je voulais voir où j'en étais : apparemment, je n'ai pas récupéré, ce qui n'est pas une excuse. » Le 400 m promettait un duel entre la Française (Championne nationale en salle 2015, Championne de France et d'Europe 2014 en salle et en plein air), et la Néerlandaise Lisanne de Witte : cette dernière a dominé aisément la course (53'' 38), les deux autres Françaises Deborah Sananes s'adjugeant respectivement les deuxième (53''94) et troisième places (53''90). «J'ai mis les intentions au bon moment, mais j'ai manqué de ‘fraîcheur’, cela fait au moins 5 ans que je n'ai pas fait ce chrono en salle », ajoutait Marie Gayot, qui s'avouait franchement « déçue ». Au regard de la pléiade d'athlètes qui s'alignaient, le 800 m promettait de se courir en-deçà de la barre des deux minutes, avec en prime un possible record de France. Il n'en n'a rien été. Si la Française Clarisse Moh a amélioré sa meilleure performance de la saison (2'05''55), l'Éthiopienne Habitam Alemu, médaillée de bronze aux Championnats d'Afrique en 2010 et 2012 et d'or aux Jeux panarabes en 2011 a remporté l'épreuve en 2'00''31. Sur 1 500 m, la Marocaine Malika Akkaoui a devancé (4'16''36) de onze dixièmes Tigist Gashaw (Barhein, 4'16''45) et de plus d'une seconde la Britannique Hannah England (4'17''52). P.M. ÉCOUTEZ LES SPORTIVES

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LE VAL D'OISE, PAS SI LOIN DE RIO

Reportage : Pascale Marcaggi. Photo: CDVO/G.ISON

ATHLÉTISME. Seul rendez-vous d'athlétisme de France et d'Europe 100% féminin, le Meeting du Val d'Oise s'est positionné en bonne place dans l’agenda des réunions en salle. La 5e édition s’est transformée aussi en tour de chauffe pour les JO. Sans les athlètes russes, mais avec en prime, deux benjamines, la Suédoise Lisa Gunnarsson et la Française Carole Zahi, pour faire souffler le vent de la concurrence sur leurs aînées. Reportage. (Article de 7 500 signes)

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