SPORTIVA

Le sport au féminin

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    • 2012-06-18 00:00:00
    • LA NUIT AMÉRICAINE
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    • Anne-Sophie Mathis ( défaite aux points le 15 juin devant Holly Holm) et son entraîneur René Cordier sont arrivés dimanche matin en France. Accueillis par "Sportiva-infos" ils ont fait un bilan de l’aventure vécue (subie ?) à Albuquerque. Réalistes et toujours motivés, la boxeuse et son mentor sont prêts à relever de nouveaux défis. Ce qui n’exclue pas l’autocritique. Confidences à Roissy. Ils ont la très fâcheuse impression d’avoir vécu un mauvais film. Voilà ce que ressent le clan lorrain. Et Anne-Sophie Mathis a beau repasser au ralenti la bobine d’Albuquerque, elle ne comprend toujours pas comment un combat à sa portée a pu lui échapper ainsi (voir Sportiva des 15 juin et 16 juin). Ou plutôt elle comprend trop bien. «Je savais que si je ne gagnais pas par K.O. je ne pouvais rien espérer. » Pas du genre à craindre quoi que ce soit, la championne lorraine avoue cependant avoir gambergé un peu avant ce choc organisé au Casino Hotel. « Deux jours avant le combat, j’ai cogité. J’ai pensé à tout ce qui pouvait se passer. Il y avait plein de paramètres compliqués et peu clairs… » Le soir du combat tout s’est confirmé : intrusions systématiques sous tous les prétextes dans le vestiaire français des organisateurs, entrée différée de Holm sur le ring, taille du ring (voir notre article du 16 juin).. . Ah la taille du ring ! Ne me parlez pas de ça ! s’emporte René Cordier qui précise, pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité : « Ils étaient au point. » Les sous-entendus sont pesants. Car c’est une chape de ténèbres qui a enrobé ce rendez-vous. Et puis il y a eu le combat. Là non plus, Anne-Sophie n’en dit pas trop. L’essentiel tient en peu de mots, de toute façon : « C’est un refus de combat. Elle n’a fait que s’accrocher. Elle aurait dû avoir des avertissements. Etre éventuellement disqualifiée, mais ce genre de décisions est souvent impossible à prendre.; René Cordier intervient alors : « De toute façon, il n’y a pas de règles absolues : c’est à la discrétion de l‘arbitre. » L’avion d’Air France en provenance d’Atlanta est arrivée à l’heure. Le TGV part dans vingt minutes. Mais ni l’un ni l’autre n’essayent d’éluder bilan ou sentiments. Le scénario de ce film catastrophe resterait en travers de n’importe qui mais René Cordier fait aussi son autocritique. Il dit avoir sa part dans cet échec. Ce deuxième séjour à Albuquerque a permis de comparer. « Je crois que rien ne vaut de passer trois semaines d’acclimatation sur place comme on avait fait en décembre dernier (victoire par KO au 7e round de Mathis sur Holm le 2 décembre 2011, Ndlr). Deux semaines, c’était trop court et sans remettre en cause l’Insep où on a bien bossé dans de bonnes conditions (Mathis a passé une semaine de préparation à l’insep avec notamment le passage en chambre hypoxique, Ndlr), je crois qu’Anne-So est arrivée avec un surplus de fatigue. Elle a eu deux coups de pompe là-bas et sans aucun doute c’était trop près du combat. » Puis Cordier lâche le constat : «Sur un événement comme ça , tout s’accumule. Anne-So était par moment mécanique, sans vrai jus. Ce n’était pas la guerrière , que l’on connaît. » Mathis acquiesce et précise cependant : «Je suis restée positive pendant tout le combat. Elle se déplaçait partout, elle essayait de réduire les angles, mais il ne faut jamais désespérer. Je savais que jusqu’à la dernière seconde je pouvais la toucher… » La frappe libératoire n’a pas eu lieu. Dans le coin, je disais à Anne-So de remonter les mains, pour pouvoir travailler le buste, mais l’autre fuyait ou s’accrochait il était impossible d’enchaîner deux coups... » La suite n’est pas claire. Le rendez-vous de septembre contre Cécilia Braeckus pourra-t-il être confirmé ? « De toute façon, ceinture ou pas, rien n’était sûr pour ce combat, remarque Mathis. Il faut pourtant bien remettre en jeu ses titres, mais là aussi la norvégienne d’origine colombienne et son entourage prennent leurs aises. Ils ont déjà repoussé le combat contre Mathis à deux reprises et, rappelle Cordier, Chez les filles, il n’y a pas d’obligations comme chez les garçons où il faut remettre en jeu ses ceintures dans des délais assez resserrés.. Reste que ni la boxeuse d’Albuquerque, ni celle de Bergen, ne pourront rester tapies indéfiniment, chez elles dans le noir. Mathis, après ce contretemps sur la Route 66, perd, certes, son leadership mondial mais reste quand même deuxième boxeuse planétaire. Les deux autres protagonistes de la catégorie devront encore compter avec elle. Et le jour succèdera forcément à cette nuit américaine et ses petits arrangements. J.C.

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LA NUIT AMÉRICAINE

Texte: Jacques Cortie / Photo: Christophe Lemaire

Anne-Sophie Mathis ( défaite aux points le 15 juin devant Holly Holm) et son entraîneur René Cordier sont arrivés dimanche matin en France. Accueillis par "Sportiva-infos" ils ont fait un bilan de l’aventure vécue (subie ?) à Albuquerque. Réalistes et toujours motivés, la boxeuse et son mentor sont prêts à relever de nouveaux défis. Ce qui n’exclue pas l’autocritique. Confidences à Roissy.

Ils ont la très fâcheuse impression d’avoir vécu un mauvais film. Voilà ce que ressent le clan lorrain. Et Anne-Sophie Mathis a beau repasser au ralenti la bobine d’Albuquerque, elle ne comprend toujours pas comment un combat à sa portée a pu lui échapper ainsi (voir Sportiva des 15 juin et 16 juin). Ou plutôt elle comprend trop bien. «Je savais que si je ne gagnais pas par K.O. je ne pouvais rien (...)

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