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Le sport au féminin

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    • 2016-01-11 00:00:00
    • CANNE DE COMBAT : LA FRENCH TOUCH
    • Canne de combat
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    • CANNE DE COMBAT. Peut-être n'en n'avez-vous jamais vu, voire jamais entendu parler. Voici pourtant une discipline typiquement Made in France, qui excelle en la discipline : la canne de combat, dont les Internationaux 2015-2016 viennent de se dérouler à Paris, les 9 et 10 janvier. Reportage de 8690 signes. «Il ne fait pas beau et c'est tant mieux», observe Bertrand Dubreuil, président du Comité National de Canne de Combat et Bâton, discipline associée à la Fédération de Savate – Boxe Française. «Cela évitera la réverbération.» Gris dehors, couleurs à l'intérieur du stade parisien. Huit des tireurs de ces Internationaux étaient des tireuses, désignées à chaque victoire - des combats de trois fois 1 minute 30 – par la couleur de leur tenue matelassée, la «tireuse bleue», la «tireuse jaune» pour, au premier chef, protéger les tibias. Dès potron-minet, samedi 9 décembre, les sportifs reconnaissables à la housse de leurs cannes en bandoulière rejoignaient le stade Bertand-Dauvin, porte de Clignancourt à Paris. Parmi les tireuses, Jennifer Zibbri, 19 ans, étudiante à la Sorbonne et dont il s'agissait de la première compétition : «La canne est un loisir et le restera. Je suis en période d'examens, je suis venue me défouler !» Jennifer marquera 29 points à 0 contre Louise Valentin, l'unique tireuse non française de cette édition, également venue pour sa première compétition : «En Suède, il y a un seul club de canne, celui de Stockholm, où nous sommes quatre. Quand il ne fait pas trop froid, les gens viennent nous voir au parc où nous nous entraînons, surtout lorsque nous utilisons la canne laser. En Suède, la canne n'existe pas !» Passer sur TF1 ne sert à rien En France, royaume de la canne, on dédaigne venir voir ? Sur les gradins, les sportifs et leur staff forment l'essentiel du public, alors que l'entrée est gratuite. Les cordonniers les plus mal chaussés ? Typically french, la pratique est peu onéreuse (la canne coûte 3 euros), encadrée par l'élite mondiale de la discipline. «On parle de sport confidentiel, la pratique est, en effet, encore clairsemée», reconnaît Bertrand Dubreuil, président du Comité National de Canne de Combat et Bâton, discipline associée à la Fédération de Savate – Boxe Française. «Alors qu'en France, c'est un sport historique, qui vient du XIXe siècle, de l'art français de la guerre, devenu une activité à part entière, jumelée dans les salles de sport où les parquets craquaient, avec la savate française. La canne de combat reste une activité chargée d'histoire… dont nous revendiquons la modernité.» Au mur, des reproductions du Petit Journal rappellent le rôle de la canne de combat, au temps où les Apaches défiaient le bourgeois du côté de la ceinture parisienne. Esthétique autant que technique, la canne de combat compte 1500 licenciés dont 20% de femmes. Parmi les clubs, les Apaches de Paname bien sûr, mais aussi le club de Schiltigheim en Alsace, gros fournisseur de médailles. «Nous avons une tradition de compétition depuis 30 ans que le club existe. Aurélie Schneider a été championne du monde et est championne de France en titre», rappelle Céline Daul-Mechouar, «la duchesse», comme les membres de son club surnomment leur présidente. Le club de Schiltigheim n'aurait pour rien au monde, manqué ces Internationaux «aussi importants que les championnats de France, car là aussi se détermine la composition de l'équipe de France pour les championnats du monde» Quant à la médiatisation de la canne de combat, Céline Daul-Mechouar est rompue à l'exercice : «Passer sur TF1 ne sert à rien. Il faut un travail des clubs dans leur périmètre, ce sera plus efficace Reconnue, la canne de combat n'est nullement un sport en désuétude. Elle gagne, en revanche, à être connue pour Céline Daul-Mechouar : «Les premiers objectifs de développement sont d'abord la France et les DOM-TOM, même si nous sommes déjà présents sur tout le territoire, à Strasbourg-Schiltigheim, en Île-de-France, en Bretagne, en Midi-Pyrénées, en Aquitaine, et sur l'Île de la Réunion. Et nous avons essaimé en Europe, en Allemagne, en Italie, en République tchèque, en Angleterre. Nous avons même été présents en Espagne, et avons traversé l'Atlantique où les Canadiens se sont toujours bien placés dans nos compétitions internationales. Il nous manque l'Amérique latine, mais ça viendra…» Reste que la route est longue, comme insiste la présidente du club alsacien. «On essaie de coller au développement international de notre Fédération de tutelle : la savate est désormais présente dans une trentaine de pays. Mais il faut reconnaître qu'il nous manque le Maghreb, l'Amérique latine, la Russie, pas mal de pays donc ! C'est difficile, parce qu'il faut avoir les cadres qui forment les sportifsP.M. Les résultats 1. Aurélie Schneider (Club de Canne de Combat Schiltigheim) 2. Margaux Fournier (Club Quimper) 3. Jennifer Zibri (Canne & Dragons)

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Canne de combat

CANNE DE COMBAT : LA FRENCH TOUCH

Texte Pascale Marcaggi. Photo Yaneth Pinilla / Sportiva

CANNE DE COMBAT. Peut-être n'en n'avez-vous jamais vu, voire jamais entendu parler. Voici pourtant une discipline typiquement Made in France, qui excelle en la discipline : la canne de combat, dont les Internationaux 2015-2016 viennent de se dérouler à Paris, les 9 et 10 janvier. Reportage de 8690 signes.

«Il ne fait pas beau et c'est tant mieux», observe Bertrand Dubreuil, président du Comité National de Canne de Combat et Bâton, discipline associée à la Fédération de Savate – Boxe Française. «Cela évitera la réverbération.» Gris dehors, couleurs à l'intérieur du stade parisien. Huit des tireurs de ces Internationaux étaient des tireuses, désignées à chaque victoire - des combats de trois fois 1 minute 30 – par la couleur de leur tenue matelassée, la «tireuse bleue», la «tireuse jaune» (...)

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