SPORTIVA

Le sport au féminin

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    • 2012-05-25 00:00:00
    • ANNE-SOPHIE MATHIS, LE CÔTÉ TRANQUILLE DE LA FORCE
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    • Le 15 juin, la numéro un mondiale rencontre à nouveau Holly Holm au Casino Hôtel d’Albuquerque, sur la Route 66 (USA). Après la déflagration de sa victoire lors du premier affrontement, la lorraine est attendue au tournant. Sportiva-infos sera sur place pour raconter ce deuxième épisode hors norme. En attendant ‘Anne-So’ nous a reçus dans son monde. Reportage exclusif. Ce qu’elle garde de ce combat du 2 décembre 2011, c’est, entre autres, cette symbolique inattendue. C’est au 7e round, un 2 décembre, qu’elle se défait par KO de Holly Holm, là-bas à Albuquerque. Et c’est un 2 décembre, au 7e round, qu’en 2007 elle avait réservé la même punition à Myriam Lamare. Un combat devenu culte. Comme tous ceux de ‘la Mathis’, qui donne des coups, du spectacle et avance sur un ring sans complexe, ni états d’âme. Aujourd’hui, Anne-Sophie Mathis ne s’enflamme pas. Elle préfère garder les pieds sur terre. Totalement tournée vers ce prochain combat. Dans la voiture qui nous emmène chez elle, la numéro un mondiale évoque sa préparation, décrit déjà le contexte de ce match à venir, si particulier, si boxe. Le 15 juin c’est déjà demain pour elle et les mots qui reviennent sont : cardio, mise de gants, caisson hyperbare… Les deux vitrines qui encadrent le sofa, rutilent des plus grands trophées. C’est un kaléidoscope. Gant d’argent ; gant d’or ; ceinture IBA ; ceinture WBF…«Ce deuxième combat était signé au départ. Ce sera quelque chose après ce qui s’est passé en décembre.» Cette fois, elle est revenue dans son monde. Celui que des cordes délimitent et où elle n’a peur de rien : « Moi, je n’ai besoin de personne pour me motiver. Je suis forte dans ma tête. J’aime la bagarre. » Holly Holm en a été surprise en décembre dernier. C’est pourtant elle qui avait choisi la tactique : «Elle avait décidé de me rentrer dedans. Elle l’a fait pendant 4 rounds. Mais ils n’avaient pas prévu que j’encaisse comme ça. Et comme j’étais hyper bien physiquement, je repartais tout de suite. Là, ils ont déjà dit qu’ils allaient trouver une autre tactique. Mais, qu’est-ce qu’ils vont trouver ? Elle va bouger ? Danser ? Moi, ça va rapidement m’énerver. Je vais la coincer et taper. Parce que quand on reçoit des coups, c’est quand même plus dur de bouger.» Intérieur coquet. Petit jardin. Maison neuve d’un ensemble social de Tomblaine. La vie d’Anne-Sophie c’est ce refuge, pour une vie de tous les jours. Celle des gens de tous les jours, dans un quartier refait. C’est aussi ce coffre de voiture où elle pose, enlève , reprend, dans un ballet sans fin, sacs et tenues d’entraînement, gants qui ballottent. A 17h30, tout à l’heure, on ira chercher Lena, sa fille, à la sortie du CM2. En attendant, elle fait face à tout et jongle avec les horaires. Là, c’est pour caler un bout d’émission avec France 3. Cet été le Tour de France fait étape ici: "Ils font un truc spécial et j’en suis un peu le fil rouge.» Sollicitée, elle l’est. Et elle répond. Dans le centre social Jean Jaurès où on passe en coup de vent, Safia, l’animatrice, ou les bénévoles, le disent : «Elle est sincère, avenante. Et elle a toujours la patate ! » On est maintenant sur les bords de la Meurthe, au bord du plan d’eau de la Méchelle. Les imposants hangars du CKCNT, le plus gros club de kayak de France, jettent un peu d’ombre. Le soleil tape dur ce vendredi 11 mai et les scolaires s’en donnent à cœur joie sur leurs embarcations. Anne-Sophie se prête à la mise en scène télévisuelle. Le président du club, Philippe Kowaslki observe, l’esprit tout à son projet de Dragon Boat Ladies. La masse proche du stade de l’AS Nancy Lorraine complète l’ensemble. On y va juste après. Là-bas, sur le terrain synthétique, ce sont trois évolutions avec Stany, la mascotte du club de L1, pour quelques images avec Super Yellow. Le tout au milieu des appels. Celui de René Cordier, l’entraîneur, qui s’enquiert de savoir si tout va bien. Celui de Christel Aujoux, l’agent sportif de Mathis, pour parler futurs combats... Puis direction le centre de Tomblaine. Lena s’installe à l’arrière de la voiture. On met le cap sur Dombasle. «Je démarre un cours d’aéroboxe à 18h15 pile. Le vendredi, c’est un peu plus gym douce et j’en profite pour faire des étirements. Le lundi, il y a une vingtaine de personnes et là, c’est plus rythmé. » Lena s’occupe, un peu, de la musique. Du disco tonique sort du baffle. La dizaine de participantes de ce soir s’active sur des tapis de sol individuels. Parmi elles, Amanda Taylor, suissesse de 21 ans, venue ici le week-end pour apprendre de Anne-Sophie : « Mon coach était un élève de René Cordier. Je fais le physique avec elle. Et s’il y a l’occasion, on met les gants. Mais surtout je viens pour la technique. En Suisse on est en retard», lâche la timide sparring-partner occasionnelle. Au fond, David Guérault, drive les jeunes pousses du club. Il a l’œil. Et la légitimité. Être resté plusieurs années détenteur d’une ceinture européenne installe son boxeur. Ce gaucher a été de toutes les préparations de Mathis. Celle d’avant les combats contre Lamare. Celle d’avant Holm. « Si je mets les gants avec elle, je boxe, sinon je mange. » « Et René ?» « René ? reprend-il. C’est le cœur de la salle, le papa de ceux qui, ici ont fait une carrière. » Sous le portrait de Fernand Pourson (1908-1980), fondateur du club, on s’installe pour faire un shooting. Lumière, flash, crépitement. Et Lena qui n’a toujours pas rangé la petite sono ! Anne-Sophie sait être partout sans emballement et lui rappelle sa petite mission. Question boxe, des craintes elle en a quelques unes quand même: « C’est un sport dur physiquement et j’aime pas être dans le rouge. Je n’aime pas être à la limite, vidée. Alors avec mon entraîneur, on fonce sur la cardio. » Elle pense à mieux gérer. A ne pas forcément faire le combat, mais peut-être à laisser venir. Derrière ses yeux bleus, on ne devine pas forcément de quelle alchimie se nourrit cette mécanique dévastatrice. Dans son monde géographique, Nancy-Dombasle-Tomblaine, elle évolue avec des horaires bien calés, des idées bien rangées. Elle gère tranquillement une vie volcanique. Elle sait qu’elle dispose pour cela d’une volonté unique. Sur le retour de Dombasle vers la gare de Nancy, elle dit de sa voix calme, l’évidence qui résume tout, pour solde de toute analyse : «De toute façon je ne suis pas une puncheuse. Je suis une frappeuse. » Il n’y a pas que le soleil qui sera chaud à Albuquerque le 15 juin. J.C.

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ANNE-SOPHIE MATHIS, LE CÔTÉ TRANQUILLE DE LA FORCE

De nos envoyés spéciaux à Nancy. Texte: Jacques Cortie / Photo: Cédric Poulmaire

Le 15 juin, la numéro un mondiale rencontre à nouveau Holly Holm au Casino Hôtel d’Albuquerque, sur la Route 66 (USA). Après la déflagration de sa victoire lors du premier affrontement, la lorraine est attendue au tournant. Sportiva-infos sera sur place pour raconter ce deuxième épisode hors norme. En attendant ‘Anne-So’ nous a reçus dans son monde. Reportage exclusif.

Ce qu’elle garde de ce combat du 2 décembre 2011, c’est, entre autres, cette symbolique inattendue. C’est au 7e round, un 2 décembre, qu’elle se défait par KO de Holly Holm, là-bas à Albuquerque. Et c’est un 2 décembre, au 7e round, qu’en 2007 elle avait réservé la même punition à Myriam Lamare. Un combat devenu culte. Comme tous ceux de ‘la Mathis’, qui donne des coups, du spectacle et avance sur un ring sans complexe (...)

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