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Le sport au féminin

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    • 2014-11-22 00:00:00
    • DA COSTA, «UNE VIE DE SACRIFICES»
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    • BOXE. Lorsque la boxeuse Anne-Sophie Da Costa s'engage dans quelque chose, elle le fait «à 200 %». Professeur des écoles et enseignante spécialisée en collège pour des élèves en difficulté, la Rémoise combine cette vocation à la boxe, une ascèse qui révèle autant détermination et pugnacité. Ce samedi 22 novembre 2014, devant ses proches, dans sa ville de Reims, elle tente de conserver sa ceinture de championne du monde WBF des poids pailles, face à la Mexicaine Susana Cruz Pérez. Retour sur le parcours de la Française. La boxe recèle de récits folkloriques. Ces histoires qui font l'Histoire. Ces anecdotes qui font les légendes et alimentent les scénarios du 7e art. Les débuts d'Anne-Sophie Da Costa ne manqueraient pas de faire sourire Clint Eastwood, le réalisateur de Million Dollar Baby, le chef-d'œuvre oscarisé tourné en 2004 et mettant en scène la percée au plus haut niveau de la boxe d'une jeune femme, interprêtée par Hilary Swank. Bien loin des fards et phares hollywoodiens, Anne-Sophie Da Costa et William Guillaume auraient pu inspirer la rencontre entre Maggie Fitzgerald et Frankie Dunn, la boxeuse et son entraîneur sur grand écran. «Je suis venue dans sa salle», se rappelle la championne du monde française. Il y a près de douze ans. «Il m'a vu arriver. Comme je suis féminine, il a dit : "Je ne veux surtout pas d'elle, elle va foutre le brin avec les garçons". Heureusement pour moi, ce soir-là, il y avait le trésorier, Marc. "Ecoute, a-t-il dit à William. On l'a fait payer et après elle ne reviendra plus parce qu'on la calculera plus." Ils m'ont donc fait payer. Je venais le soir et effectivement, personne ne m'adressait la parole. En arrivant, on courait en rond dans la salle puis l'entraîneur demandait aux uns et autres de faire ci ou ça. Moi, il me laissait courir pendant deux heures sans rien me dire. Après, il fermait la lumière. "Tu remballes !" Les autres me disaient d'arrêter, qu'il me prenait pour un con... On verra ! Moi, je respecte l'entraîneur. Tant qu'il ne me dit pas de tout arrêter, je n'arrête pas. Au bout de trois semaines, il a commencé à s'intéresser à moi. De fil en aiguille, il m'a demandé de passer mes diplômes d'entraîneur, parce qu'il savait que j'étais maîtresse, pour encadrer des enfants. Maintenant, toutes les filles viennent quand ils veulent. Aujourd'hui, il ne comprendrait pas si ce n'était pas le cas mais il se souvient. "C'est pas vrai, elle est là, elle en veut, elle est déterminée." On est indissociables. C'est une superbe amitié.» Une relation de confiance s'est donc établie en douze ans, pillier d'une «vie de sacrifices» entre le collège où elle exerce, les rings où elle combat, et les dix autres travaux d'Hercule qu'elle a assumés pour organiser, de A à Z, ce combat planétaire. Mais le chemin fut long vers le premier titre mondial, remporté il y a deux ans, le 20 octobre 2012 contre la Thaïlandaise Teeraporn Pannimit (victoire aux points). Il y a d'abord eu la boxe éducative, «du grand n'importe quoi à l'époque». «On prenait deux filles, même si l'autre faisait 60 kg, ce n'est pas grave. On n'avait pas le droit de frapper... C'est moi qui prenait les avertissements parce que j'appuyais trop les coups.» Puis la boxe amateur, face à Sarah Ourahmoune, la championne du monde. William Guillaume conduit pour la première fois un protégé, ou plutôt une protégée, en finale d'un championnat de France. Dans l'esprit du coach viennent alors des songes de professionnalisme. «Dans mon esprit, je n'avais pas les capacités, estime Da Costa. Mais la boxe amateur, c'est trois rounds. Et au bout de trois reprises, je n'avais pas une goutte de sueur. J'ai fini par l'écouter. Et tout s'est bien passé.» Les statistiques parlent pour la Rémoise, invaincues en 18 combats, sept ayant été abrégé avant la limite. A 32 ans, et même si le poids des années commence à pointer, l'envie est toujours là. Impossible de parler d'un futur combat, alors qu'un troisième championnat du monde en trois ans occupe tout son esprit. Mais tout de même... «Cela fait deux ans que tout le monde m'appelle...», remarque-t-elle. Omniprésentes dans la catégorie, des Mexicaines et surtout des Japonaises. D'ailleurs, il fut un temps envisagé d'aller combattre au pays du soleil levant. Une blessure au poignet en a décidé autrement. Mais, pour faire comme Anne-Sophie Mathis, qui était allée chercher un titre à Albuquerque dans le Nouveau-Mexique américain il y a trois ans, la prochaine étape de la carrière de l'autre Anne-Sophie, de plus en plus grande malgré sa petite silhouette de poids paille (moins de 47,6 kg), pourrait se faire en terrain hostile... Avant ça, il faut consolider la maison et faire du compexe René-Tys, théâtre de sa deuxième défense comme de la première, une forteresse imprenable. Ch.L.

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DA COSTA, «UNE VIE DE SACRIFICES»

Texte et photo : Christophe Lemaire, envoyé spécial à Reims (Marne).

BOXE. Lorsque la boxeuse Anne-Sophie Da Costa s'engage dans quelque chose, elle le fait «à 200 %». Professeur des écoles et enseignante spécialisée en collège pour des élèves en difficulté, la Rémoise combine cette vocation à la boxe, une ascèse qui révèle autant détermination et pugnacité. Ce samedi 22 novembre 2014, devant ses proches, dans sa ville de Reims, elle tente de conserver sa ceinture de championne du monde WBF des poids pailles, face à la Mexicaine Susana Cruz Pérez. Retour sur le parcours de la Française.

La boxe recèle de récits folkloriques. Ces histoires qui font l'Histoire. Ces anecdotes qui font les légendes et alimentent les scénarios du 7e art. Les débuts d'Anne-Sophie Da Costa ne manqueraient pas de faire sourire Clint Eastwood, le réalisateur de Million Dollar Baby, le (...)

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