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Le sport au féminin

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    • 2014-02-17 00:00:00
    • JEUX DANGEREUX A SOTCHI
    • Ski acribatique
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    • L’olympisme version hivernale se paye un coup de jeune avec l’arrivée au programme olympique de nouvelles disciplines, étiquetées «freestyle». Un terrain de jeu pas vraiment sécurisé… «Faites-vos jeux, rien ne va plus…» C’est un peu le résumé des JO de Sotchi, version discipline du freestyle (1) et du snowboard où les doigts des deux mains ne suffisent plus à compter les gadins. Ces dernières heures, les journaux télévisés russes ont ainsi vécu au rythme des infos consacrés à la skieuse de Saint-Pétersbourg, Maria Komissarova, victime d'une fracture à la colonne vertébrale, samedi, lors d'un entraînement de skicross. Visitée par Vladimir Poutine en personne, dimanche soir, elle a été transférée depuis à Munich en Allemagne dans une clinique spécialisée dans ce type traumatisme. Mais quand une place de l’antenne médicale de Krasnaya Polyana –le site montagnard des JO– se libère, elle est vite récupérée par une autre athlète. Dimanche, c’est Rowan Chesire, une spécialiste anglaise du ski halfpipe –des figures enchaînées dans un demi-cylindre de neige, une nouveauté introduite à Sotchi– qui a fini face contre terre lors d’un entraînement, restant plusieurs minutes inconsciente. Et lorsqu’une épreuve se passe sans chute sérieuse ou presque, c’est une concurrente qui rend hommage à une skieuse paralysée ou même décédée. La Brésilienne Joselane Santos, par exemple, est sortie en larmes des qualifications pour la finale de l’épreuve du saut acrobatique –les aerials en anglais– dédiant sa prestation à sa compatriote Lais Souza, paralysée dans une clinique de Miami à la suite d’une mauvaise chute survenue aux Etats-Unis, juste avant les JO. Vingt-deuxième des qualifications, Santos, une ancienne gymnaste peu habituée aux traîtrises de la neige joue pourtant les trompe-la-mort avec «seulement sept mois d’entraînement» derrière elle. Ce qu’elle espère compenser par son «expérience de la gymnastique très similaire au ski acrobatique, tout en étant aussi très différente par bien des aspects», concède la jeune brésilienne. «Et c’est bien ça le problème, explique un juge du freestyle sous couvert d’anonymat. A trop vouloir internationaliser la discipline pour qu’elle réponde aux critères d’universalité de l’olympisme, on fait venir aux JO des athlètes qu’on envoie presque à la boucherie. Une piste de ski n’a rien à voir avec l’atmosphère protégée d’un gymnase.» «Vaincre la peur» Surtout si les concurrentes la trouvent bien trop dangereuse, elles-mêmes. L’Australienne Torah Bright, star du snowboard, ne s’est pas gêné, par exemple, pour critiquer les installations de l’Extreme Park de Rosa Khutor : «Les gens qui ont construit le half-pipe ici ne sont pas les meilleurs dans ce genre d’ouvrage et ça le rend très périlleux pour nous.» Pour le reste, les grands ados que sont les adeptes de ces sports souvent issus du skate-board, vous répéteront, pour la plupart, que ce qu’ils font n’est pas plus risqué que de traverser la rue. «Bien sûr qu’il y a des risques et de la peur dans notre sport, explique ainsi la Canadienne Kim Lamarre, médaillée de bronze en slopestyle, mais pour moi c'est une super sensation de parvenir à vaincre la peur. En tout cas, ce n'est pas les risques qui m'arrêteront, ça fait partie de notre sport.» Enfin, si les casques sont devenus obligatoires dans les règlements de la Fédération internationale de ski (FIS), les protections dorsales restent souvent aussi superflues que la ceinture de sécurité pour les automobilistes des années soixante-dix. «Ca me rend claustrophobe de porter ce genre de trucs, dit par exemple la médaillée d’argent du ski slopestyle, l’Américaine Devin Logan. A 21 ans, elle sait qu’elle fera surement une «vieille» un peu rouillée. Tant pis, elle en redemande quand même : «Parfois, tu te poses des questions, tu veux savoir si c'est la peine de faire subir ces épreuves à ton corps et à toi-même, raconte-t-elle. Tu es en colère. Et puis au bout de deux mois sans activité, tu sens le feu en toi qui revient. Alors, tu veux juste y retourner.» Autrement dit, les Jeux en vaudraient bien la chandelle… F.G. (1) Le freestyle aux JO d’hiver englobe le ski de bosses, le ski cross, le ski halfpipe, le ski slopestyle, le saut acrobatique.

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Ski acribatique

JEUX DANGEREUX A SOTCHI

Correspondance spéciale de Fred Guston à Sotchi. Photo : © COJO Sotchi.

L’olympisme version hivernale se paye un coup de jeune avec l’arrivée au programme olympique de nouvelles disciplines, étiquetées «freestyle». Un terrain de jeu pas vraiment sécurisé…

«Faites-vos jeux, rien ne va plus…» C’est un peu le résumé des JO de Sotchi, version discipline du freestyle (1) et du snowboard où les doigts des deux mains ne suffisent plus à compter les gadins. Ces dernières heures, les journaux télévisés russes ont ainsi vécu au rythme des infos consacrés à la skieuse de Saint-Pétersbourg, Maria Komissarova, victime d'une fracture à la colonne vertébrale, samedi, lors d'un entraînement de skicross. Visitée par Vladimir Poutine en personne, dimanche soir, elle a été transférée depuis à Munich en Allemagne dans une clinique spécialisée dans ce type (...)

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