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Le sport au féminin

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    • 2013-01-21 00:00:00
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    • Des nouvelles têtes, des surprises et des confirmations. L’édition 2013 des championnats de France amateurs de boxe féminine organisée à Mantes-la-Jolie a tenu toutes ses promesses. Et érigé de solides leaders au niveau national, susceptibles de représenter l’Hexagone lors des prochaines échéances internationales. Résumé d'une soirée yvelinoise qui confirme les beaux jours à venir du noble art au féminin français. 2016 est déjà dans tous les esprits. Après le succès de l'intégration des femmes au programme olympique l'été dernier à Londres, c'est vers le Brésil et Rio de Janeiro que les meilleures représentantes françaises se tournent. Pour la plupart, la course à la qualification débutait la semaine dernière à Mantes-la-Ville et Mantes-la-Jolie, théâtres des championnats de France amateurs 2013 de boxe féminine. Pour marquer les esprits alors que le nombre de catégories de poids admises à l'agenda olympique pourrait augmenter (une proposition sera adressée en ce sens par l'AIBA au CIO la semaine prochaine). Les actrices de 2012 s'appliquent donc à rester celles de 2013. Mais alors que les Boussadia, Mancini, Mossely, Guerrier et Chevalier restent de solides têtes d'affiche, de nouveaux noms font leur apparition et pourraient redistribuer les cartes durant l'olympiade à venir, comme Revel, Bermudez, Lefebvre ou Crevecoeur. C'est, entre autres, parmi ces boxeuses, vainqueurs ou battues, que la direction technique nationale composera une sélection en partance pour les championnats d'Europe prévus en octobre. Bermudez apprend vite Délaissée par la double tenante du titre Lydia Boussadia, la catégorie des moins de 48 kg se cherchait une nouvelle reine. Même si elle avait déjà atteint les demi-finales en 2011, la Toulousaine Élodie Bermudez a fait une entrée fracassante en décrochant son premier titre national en boxe anglaise, elle qui a tout gagné en savate. Championne du monde en 2011, championne d’Europe en 2012, quadruple championne de France de boxe française, Bermudez, 25 ans, n’a plus grand-chose à prouver pieds et poings liés. L’intégration de la boxe anglaise féminine au programme olympique a éveillé son intérêt. Elle compte donc bien jouer sa carte dans l’olympiade qui débute, des étoiles olympiques plein les yeux. Tombeuse en quart de finale de la n°1 de la catégorie, Laïla Sekaf, Bermudez a largement dominé la finale face à toute jeune Cassandra Crevecoeur qui subit à 18 ans le deuxième revers de sa jeune carrière (22-10). « C’est complètement fou et inespéré, confie celle qui a commencé la savate à 18 ans. Je me suis entraînée pour mais je suis partie avec l’idée de prendre du plaisir, d’engranger de l’expérience et de rencontrer les meilleures. Bien sûr, l’objectif de victoire est toujours dans un coin de la tête. C’est donc un premier rêve qui se réalise avant une longue marche… J’apprends véritablement un nouveau sport. J’ai encore énormément de choses à voir et à vivre. Rio est un peu loin mais on est toutes un peu guidées par cette envie folle de participer aux Jeux olympiques. Il faudra beaucoup de patience. » Boussadia n’avait pas le choix Comment pouvait-il en être autrement ? Star à domicile de ces championnats, évoluant devant ses supporteurs, Lydia Boussadia, la sociétaire du BC Oxygène, hôte de ce rendez-vous, se devait de réussir son passage chez les moins de 51 kg. La catégorie olympique pour l’instant mise entre parenthèses par la championne du monde et vice-championne d’Europe Sarah Ourahmoune, la Mantaise ne s’est pas priée pour prendre la place laissée vacante et adresser un message à la concurrence, en nombre pour l’unique strapontin qui sera alloué les prochaines saisons au niveau international. Opposée à Soundousse Marongiu, repêchée en finale après le forfait de Mona Mestiaen, elle-même recalée en raison d’un œuf de pigeon, Boussadia a dominé de bout en bout la finale conclue sur un score sans appel de 24 à 10, le plus net succès de la soirée. « A domicile, j’avais l’obligation de gagner devant mon public, a réagi la Francilienne. J’ai manqué de force à un moment mais j’ai senti le public m’encourager et me porter. C’était magique. J’ai ressenti beaucoup de pression en début de semaine avant d’entrer pleinement dans mon championnat. J’ai réussi à en faire abstraction. J’ai passé le cap en moins de 51 kg. Je compte y rester jusqu’à la fin. » Mancini reste la patronne Malgré l’émergence d’une nouvelle génération à l’instar de Ségolène Lefebvre, championne d’Europe juniors en 2010 et finaliste nationale pour la première fois de sa carrière samedi, Delphine Mancini conserve son trône en moins de 54 kg. La boxeuse de Vigneux, 25 ans, a fait parler l’expérience contre la jeune Nordiste encadrée et préparée au sein du nouveau pole féminin basé à l’Insep. Forfait aux championnats d’Europe en 2011, Mancini confirme son leadership sur la catégorie et peut envisager sereinement la suite de la saison. « Je suis soulagée parce la semaine a été intense en émotions, avoue-t-elle. Le stress m’a joué un bien mauvais tour mais j’ai su le dompter face à Ségolène que je commence à connaître puisqu’on s’était déjà affronté à deux reprises. Maintenant, je vais me tourner vers l’Euro où je compte bien monter sur le podium. Mais attention à la relève. Elle pousse. Je dois donc rester sur mes gardes. » La révélation Revel La finale des moins de 57 kg présentait une affiche inédite entre Sophie Revel et Anissa Benyoub. Cette dernière, transfuge des 54 kg, restait sur une finale perdue en 2012 à Aubervilliers contre Mancini. En montant dans la catégorie supérieure, Benyoub espérait pouvoir enfin décrocher la ceinture hexagonale. Peine perdue face à Sophie Revel, ex-moins de 54 également, qui l’emporte à l’issue d’un combat rondement mené qui finit d’en faire, d’après le jury, la meilleure boxeuse de ces championnats de France. Une révélation au parfum de revanche pour la Grenobloise de 20 ans, demi-finaliste en 2011 pour son premier championnat élite et éliminée dès son entrée en lice au premier tour l’année suivante. « Mon changement de catégorie a payé, tant mieux, confie Revel. Ce n’était pas forcément inattendu mais comme je restais sur la désillusion de l’an passé, j’avais besoin d’être rassurée. Je le suis totalement. La gestion du poids était difficile en moins de 54. Maintenant, je suis tranquille. » Mossely, la confirmation C’était sans doute la plus belle affiche de la soirée. Un combat qui sentait bon la revanche entre Estelle Mossely et Maïva Hamadouche, avec en toile de fond la suprématie en moins de 60 kg, catégorie olympique. Duel le plus intense de la soirée, ce combat pouvait être une « guerre » selon Karim Adjir, l’entraîneur de Mossely. Sur le ring, sa protégée a su répondre au défi physique imposé par Hamadouche et en retour dicter sa loi dans l’échange de coups, à la faveur d’une distance parfaitement maîtrisée. « Il y avait de la revanche dans l’air, mais je ne me suis pas laissée faire, résume la boxeuse de Champigny. Je savais pertinemment à quoi m’attendre face à Maïva. On se connaît parfaitement chacune. Elle en veut toujours. Le cardio, c’est son point fort. C’est pourquoi j’ai axé ma préparation sur cet aspect, afin de tenir 4 rounds. Ça a été intense mais je l’ai emporté et c’est bien ça l’essentiel. C’est beaucoup plus facile de rester en haut que d’y monter. J’ai su démontrer à tous que j’étais à ma place. Cela m’assure presque une titularisation pour les championnats d’Europe. Londres ? C’est du passé. J’ai eu le temps de faire un break, de relativiser. Je le vois comme une expérience qui me servira malgré tout. Je n’ai pas eu la chance d’aller aux Jeux mais j’ai tout de même fait un quart de finale pour mes premiers championnats du monde. Je repars pour 2016 avec un moral gonflé à bloc. » Chevalier reste au sommet Comme à Nantes et Aubervilliers, Laëtitia Chevalier et Amélie Blary ont croisé les gants en finale des moins de 64 kg. Et comme en 2011 et 2012, c’est Chevalier qui a dominé son adversaire, confirmant ainsi un peu plus son leadership sur la catégorie des moins de 64 kg. Une victoire logique dessinée dans la deuxième partie du combat, malgré le répondant de Blary, bien décidée à faire enfin trébucher la boxeuse d'Hénin-Beaumont. « C'est beaucoup de doutes et de remises en questions, analyse la championne de France. Tout le monde se lance le défi de battre la numéro 1 de la catégorie. C'est pourquoi, année après année, c'est est toujours plus dur. La pression est énorme. Dès le premier tour, face à Lamia (Khallouli, licenciée au BC Oxygène, ndlr), ça a été très compliqué. L'objectif pour 2013 est atteint. On verra pour le reste plus tard. » A 30 ans, Chevalier conserve cependant l'espoir d'aller jusqu'en 2016 briguer une qualification olympique. Guerrier détrône Lagmiry Quadruple championne de France en titre, Gihade Lagmiry a cédé sa ceinture nationale face à plus forte qu'elle en finale des moins de 69 kg. Son bourreau n'est autre qu'Erika Guerrier, la tenante du titre en moins de 75 kg redescendue au niveau inférieur en l'absence de rivalité dans la catégorie olympique. Après le combat, les deux filles sont tombées dans les bras l'une de l'autre. A cela une raison, amies de longue date (Guerrier a d'ailleurs été demoiselle d'honneur lors du récent mariage de l'étudiante en médecine), Guerrier et Lagmiry sont descendues du ring avec une double émotion, chacune pensant au sort de l'autre. « Avant d'affronter une rivale, j'ai boxé face à une amie, confie, émue, Guerrier. C'est assez perturbant et difficile à aborder. Au niveau mental, cette finale était vraiment particulière. Après, cela reste une belle victoire à l'issue d'un combat assez fermé. » Le score, particulièrement serré et menu (9-7), témoigne en effet de la tension qu'il y avait entre les deux amies. Ch.L. (avec Amina Hamoum et Yaneth Pinilla B.) Les résultats Moins de 48 kg : Elodie Bermudez bat Cassandra Crevecoeur 22-10 Moins de 51 kg : Lydia Boussadia bat Soundousse Marongiu 24-10. Moins de 54 kg : Delphine Mancini bat Ségolène Lefebvre 25-18. Moins de 57 kg : Sophie Revel bat Anissa Benyoub 25-14. Moins de 60 kg : Estelle Mossely bat Maïva Hamadouche 29-19. Moins de 64 kg : Laëtitia Chevalier bat Amélie Blary 23-15. Moins de 69 kg : Erika Guerrier bat Gihade Lagmiry 9-7.

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LA PROMESSE DES CHAMPIONNES

Texte : Christophe Lemaire / Photo : Yaneth Pinilla B.

Des nouvelles têtes, des surprises et des confirmations. L’édition 2013 des championnats de France amateurs de boxe féminine organisée à Mantes-la-Jolie a tenu toutes ses promesses. Et érigé de solides leaders au niveau national, susceptibles de représenter l’Hexagone lors des prochaines échéances internationales. Résumé d'une soirée yvelinoise qui confirme les beaux jours à venir du noble art au féminin français.

2016 est déjà dans tous les esprits. Après le succès de l'intégration des femmes au programme olympique l'été dernier à Londres, c'est vers le Brésil et Rio de Janeiro que les meilleures représentantes françaises se tournent. Pour la plupart, la course à la qualification débutait la semaine dernière à Mantes-la-Ville et Mantes-la-Jolie, théâtres des championnats de France (...)

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