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Le sport au féminin

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    • 2012-12-15 00:00:00
    • AMAND COMME DANS UN RÊVE
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    • Gaëlle Amand est devenue vendredi soir championne d’Europe des poids plume en imposant sa loi à la Hongroise Agota Ilko. A 29 ans, la Française a remporté sa première ceinture européenne. Une victoire logique après plusieurs mois de sacrifices, récompensés par une communion avec un public tout acquis à sa cause, à Cergy, où elle s’entraîne depuis ses débuts professionnels. De la fumée éclot une championne. Sous les vivas de la foule, Gaëlle Amand découvre ce pour quoi elle s’entraîne depuis son championnat de France remporté en janvier dernier. Depuis l’estrade aménagée dans cette salle des Roulants, elle scrute cette ceinture EBU précieusement dévoilée à tous par une fillette sur la surface de combat. Déterminée, la Cergyssoise de 29 ans rejoint le ring. Sans un coup d’œil vers son clan. Tee-shirts orange, les amies de la Française s’égosillent d’encouragements affectifs. Au premier rang, la famille Amand applaudit l’entrée en scène de sa protégée, le cœur serré. Les quelque 1000 personnes amassées pour ce gala proposant sept combats professionnels se rangent derrière Amand, étoile d’un soir. En terrain hostile, la Hongroise Agota Ilko a l’habitude des joutes internationales. Malgré ses 23 ans, elle a déjà disputé onze combats professionnels dont un championnat d’Europe et un championnat du monde. « Je savais qu’elle avait cette expérience, et surtout l’aisance des combats en dix reprises, détaille son adversaire. On a donc beaucoup travaillé le cardio pour tenir la distance. Ces efforts ont été très difficiles à digérer. Le corps me disait parfois stop. Mais je n’ai jamais lâché et grâce à ma team, j’étais prête lorsque la première reprise a débuté. » Deux ans et demi après ses débuts professionnels, la championne de France amateur 2004, sacrée en janvier au niveau pro, part à l’assaut d’un premier sacre international, à 29 ans. Un travail de sape Surnommée « dinamitos » dans le milieu, Amand applique à la lettre les consignes de son encadrement. Afin de ne pas se brûler les ailes, la Francilienne doit d’abord se montrer attentiste. Les deux premières reprises seront donc des rounds d’observation. La suite relève d’avantage du travail de sape. Fin stratège, Amand, tenue noire et rose éminemment féminine, assène les coups au compte-goutte. Dans cette opposition indécise avant le premier gong du match, elle prend la direction des opérations. Et en connaissance de cause, distille savamment les coups qui font lentement la différence auprès des juges. « J’ai pris plus de plaisir que d’habitude parce que j’ai réussi à imposer ma boxe, confie Amand. En face, Ilko ne voulait pas tomber malgré tous les coups que je réussissais à porter. Par moment, je me suis dit qu’elle allait lâcher l’affaire. Mais non. C’est un mur. » Au pied de ce mur, à défaut de dynamiter et mettre au sol la Hongroise, Amand s’évertue à piocher dans la roche. Pan par pan, elle affaiblit son adversaire dont le mental, poreux, s’effrite à mesure qu’Amand frappe juste. A domicile, devant les siens, la Française sait qu’elle doit s’efforcer d’investir dans ce travail de longue haleine. Vingt minutes de combat, un marathon miroir de longs mois d’entraînement, dont deux derniers retranchés derrière cette préparation de tous les instants. Rassurée sur son comportement à chaque fin de reprise sur sa chaise, Amand sait que sa mère et son père sont là, à cinq mètres en contrebas. Plus proches que durant ces dernières semaines, traversées en quasi-autarcie avec entraîneurs et préparateurs. Décision unanime « Pour eux, comme pour moi, ce fut très dur, avoue la Cergyssoise. Parce qu’ils m’ont manqué pendant deux mois, cela fait mal au cœur d’être loin d’eux. A la maison, on se croise, sans plus. On se remet même en questions par moment. Tout ça pour de la boxe ? » Tout ça pour un titre que chacun considère comme acquis lorsque s’achève la dixième reprise. Dans la salle, pas d’explosion de joie. On attend impatient la décision arbitrale. Celle-ci est unanime (90-100, 91-99, 91-99). Gaëlle Amand devient championne d’Europe des poids plume. Les yeux rougis par l’émotion, la Française jette un œil vers les siens. Et après une interview télévisée et un tour de ring, les retrouve, ceinture à la taille. L’émotion est au rendez-vous. Les larmes coulent sincèrement lorsque le père retrouve sa fille. La bulle dans laquelle s’était enfermée Amand peut éclater. « Les encouragements de la salle et de famille m’ont porté comme jamais », explique Amand, qui une heure après sa victoire, dans son vestiaire, ne quitte pas un large sourire et un regard humide. « Cela transporte. Cela fait des années que je rêvais de boxer à Cergy, où je vis depuis depuis longtemps. Leur apporter cette ceinture est un rêve. » Du rêve à la réalité, « véritable cadeau de Noël avant l’heure », tout se confond. Le temps de réaliser, Gaëlle Amand comprendra que cette soirée était tout simplement parfaite. Ch.L.

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AMAND COMME DANS UN RÊVE

Texte et photo : Christophe Lemaire

Gaëlle Amand est devenue vendredi soir championne d’Europe des poids plume en imposant sa loi à la Hongroise Agota Ilko. A 29 ans, la Française a remporté sa première ceinture européenne. Une victoire logique après plusieurs mois de sacrifices, récompensés par une communion avec un public tout acquis à sa cause, à Cergy, où elle s’entraîne depuis ses débuts professionnels.

De la fumée éclot une championne. Sous les vivas de la foule, Gaëlle Amand découvre ce pour quoi elle s’entraîne depuis son championnat de France remporté en janvier dernier. Depuis l’estrade aménagée dans cette salle des Roulants, elle scrute cette ceinture EBU précieusement dévoilée à tous par une fillette sur la surface de combat. Déterminée, la Cergyssoise de 29 ans rejoint le ring. Sans un coup d’œil vers son (...)

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